avril 6, 2021

Après une centaine de départs, quel cap pour la nouvelle direction de FreeNow France ?

Par andy1712


Changement à la tête de FreeNow (ex-capitaine, ex-Chauffeur Privé). Le service de VTC, qui appartient à la coentreprise mobilité de Daimler et BMW, a nommé ce mardi 6 avril 2021 Dimitri Tsygalnitzky à la tête de ses activités pour la France.

Une centaine de départs pour FreeNow France
L’homme prend les rênes d’une division française qui a subi un grand nombre de départs et de licenciements suite à l’intégration de Kapten à FreeNow. Le développement produit ne se fait plus à Paris mais dans les tech hubs d’Hambourg, Berlin et Barcelone. Une centaine de “profils techniques” ont soit quitté l’entreprise soit rejoint le hub de Barcelone. Les effectifs parisiens ne se résument plus qu’à une centaine de salariés.

Bilan de l’année écoulée, ambitions stratégiques de FreeNow et statut des chauffeurs, Dimitri Tsygalnitzky fait le point auprès de L’Usine Digitale. Auparavant responsable des activités BtoB de FreeNow pour l’Europe de l’est, il est au fait des enjeux inhérents au secteur du VTC et à la place de l’entreprise sur le marché européen.

Fin de la guerre des prix ?
Après une année 2019 record en raison des manifestations des gilets jaunes et de la grève des transports, FreeNow a enregistré une baisse d’environ 40% des courses sur l’année 2020. Mais Dimitri Tsygalnitzky assure que sa nomination intervient “dans contexte de reprise de l’activité”. Preuve en est : si l’activité se tarit après chaque annonce de confinement ou de couvre-feu, un frémissement de la demande se fait sentir quelques semaines après.

L’objectif pour fin 2021 est de “revenir au niveau de 2019 en nombre de courses”, affirme Dimitri Tsygalnitzky. En matière d’utilisateurs, l’objectif est de doubler le nombre de base pour avoir suffisamment de demande, même si ces utilisateurs ne sont pas actifs tous les mois. Sur ses 3 millions d’utilisateurs en France, FreeNow a recensé 30% d’actifs depuis le début de l’année. Côté chiffre d’affaires, le but est de “revenir au niveau de 2019 mais de façon plus saine”, précise Dimitri Tsygalnitzky, en limitant par exemple les offres de marketing visant à attirer des clients à coûts d’offres promotionnelles.

La guerre des prix est-elle terminée ? Le nouveau DG France l’assure, l’heure de la “croissance plus raisonnée” est arrivée et l’hypercoissance par les prix les plus bas touche à sa fin. La tendance est à la consolidation dans le secteur de la mobilité et plus particulièrement sur les marchés français et parisien (comme SnapCar avec Le Cab). “Ce qui va différencier la plateforme d’une autre est la qualité de la prestation, veut-il croire. Plus un chauffeur est engagé auprès d’une plateforme, meilleure est la qualité du service”.

Quels statut et avantages pour les chauffeurs ?
La proximité avec les chauffeurs, mais aussi les passagers, est d’ailleurs l’un des cinq piliers stratégique mis en avant par FreeNow pour son développement. “Il faut garantir une rémunération équitable aux chauffeurs”, assure Dimitri Tsygalnitzky. Première revendication selon lui de ces petites mains essentielles au fonctionnement des plateformes de VTC. Le revenu des chauffeurs dépend principalement du niveau de la commission (FreeNow prélève 20%) et du calcul du prix de la course qui est indexé sur l’offre et la demande.

FreeNow regarde aussi avec attention les annonces sur ce statut tant décrié d’auto-entrepreneur. Récemment Uber a requalifié les chauffeurs exerçant sur sa plateforme en ‘workers’ aux Royaume-Uni. Mais, Dimitri Tsygalnitzky se défend en assurant que sur ce pays, FreeNow a fixé une commission à 15%, soit plus basse que celle d’Uber qui est à 25% et compense donc avec des bénéfices. Et d’assurer que la préoccupation première des chauffeurs est leur salaire, et non pas les avantages sociaux (et les contraintes) inhérents au statut de salarié. Toutefois, les changements paraissent inévitables. La justice française a requalifié à plusieurs reprises en contrat de travail la relation entre un autoentrepreneur et une plateforme du numérique. Sujet sur lequel planche actuellement l’Union européenne.

Multimodal, maillage territorial et environnement
VTC, taxis, mobilité douce, transport en commun : pour attirer plus de clients, FreeNow souhaite devenir une plateforme multimodale de référence. Cela va principalement passer par la conclusion de partenariats, comme celui avec le service de trottinettes électriques en libre-service Tier Mobility.  Du côté des transports publics, “FreeNow échange avec la RATP“, rapporte Dimitri Tsygalnitzky, et espère intégrer d’ici la fin de l’année le réseau de transport en commun parisien sur son application.

En parallèle, FreeNow veut renforcer son maillage territorial en France. Ce troisième pilier stratégique passe par l’ouverture de plusieurs villes dont Lille et Bordeaux d’ici la fin de l’année. Cette dernière devait voir l’application débarquer en décembre sur son territoire, mais le Covid-19 a bousculé ses plans.

Les quatrième et cinquième piliers sont les questions environnementales et le renforcement des activités B2B. Pour attirer plus d’entreprises, FreeNow mise sur les solutions sur-mesure, la commande pour autrui et la mise à disposition de chauffeurs fiables sécurisés et responsables. Côté environnement, FreeNow souhaite atteindre le zéro carbone d’ici à 2030. Une ambition qui passe par un accroissement de la flotte de véhicule électrique et un travail sur l’algorithme de dispatch pour réduire la distance des chauffeurs qui acceptent les courses. Des initiatives visant à attirer une clientèle soucieuse de ces enjeux environnementaux. L’objectif final étant de se positionner comme le premier concurrent d’Uber dans l’Hexagone.