janvier 14, 2022

Veir, le magazine des néo-jardiniers

Par andy1712


Veir. En occitan (veire) cela veut dire : voir. Le mot définit parfaitement l’esprit de ce magazine trimestriel de néojardiniers né entre Pau et Sainte-Marie-de-Ré. « En jardinage, peu importe d’avoir la main verte, il faut avoir l’œil vert », voilà le leitmotiv et le credo des deux cofondatrices, Julie Laussat, la Paloise et Laetitia Roux, installée sur l’île de Ré.

La passion pour la nature, le jardinage, et l’écologie : des valeurs communes

La passion pour la nature, le jardinage, et l’écologie : des valeurs communes

Aude Ferbos

L’histoire commence en 2019. Ou plutôt, à l’école maternelle dans le Béarn : ces deux-là sont inséparables. La preuve…

Veir. En occitan (veire) cela veut dire : voir. Le mot définit parfaitement l’esprit de ce magazine trimestriel de néojardiniers né entre Pau et Sainte-Marie-de-Ré. « En jardinage, peu importe d’avoir la main verte, il faut avoir l’œil vert », voilà le leitmotiv et le credo des deux cofondatrices, Julie Laussat, la Paloise et Laetitia Roux, installée sur l’île de Ré.

La passion pour la nature, le jardinage, et l’écologie : des valeurs communes

La passion pour la nature, le jardinage, et l’écologie : des valeurs communes

Aude Ferbos

L’histoire commence en 2019. Ou plutôt, à l’école maternelle dans le Béarn : ces deux-là sont inséparables. La preuve : la photographie publiée sur le site Internet du magazine, à la section « à propos » les montre à cette époque, en robe de princesse et col Claudine. Plus tard, leurs trajectoires se séparent, chacune suit sa voie.

Ecologie, nature, jardin

C’est en 2019 que leurs chemins convergent à nouveau. Coïncidence : devenues mère de famille, toutes deux envisagent une reconversion professionnelle. « En en discutant, on s’est rendu compte que nous avions décidément beaucoup de valeurs communes et d’idées en partage », commente Laetitia. Parmi lesquelles un intérêt pour l’écologie, une passion pour la nature et le goût pour les beaux magazines indépendants. D’ailleurs, elles les collectionnent. « Mais il n’y en avait pas sur le thème du jardinage ». Au passage, chacune a une expérience professionnelle différente : Julie, dans la presse, et l’écologie (elle a notamment un blog thématique) ; Laetitia dans le marketing digital. Et pourquoi pas tout additionner, et lancer un magazine qualitatif de jardinage et d’écologie grand public ? « Au pire s’il ne marche pas, on s’éclatera à l’écrire et le fabriquer », si disent-elles. Un pari osé en pleine crise de la presse ? « Si la presse classique souffre, la presse indépendante, elle, tire son épingle du jeu », parient-elles.

« Au pire, on s’éclate ! »

C’est ainsi que l’aventure commence, sur le mode du défi. Et du plaisir, surtout. Bien sûr, Veir ne se lance pas non plus sans filet : il y a d’abord une phase de gestation, d’accompagnement par la CCI, une enquête préliminaire auprès des lecteurs potentiels, et surtout une campagne de financement participatif adossée à un prêt bancaire. Objectif : lancer le premier numéro au printemps 2020… au beau milieu du confinement ! Mais là encore, les deux rédactrices en chef décident de voir le verre à moitié plein. « Certes, nous avons eu du retard, et forcément, plus de difficultés logistiques, d’un autre côté, la pratique du jardinage a explosé à cette période. Finalement, la crise sanitaire nous a peut-être aidées. Et puis, de toute façon c’était la meilleure période pour lancer les semis de tomate ! » Alors, le numéro 1 est lancé, dans la droite ligne éditoriale édictée : un dossier spécial dans chaque numéro (la permaculture, le compost etc), avec un double angle (expert et débutant), une balade, du coloriage, une page enfant, un segment botanique, des rubriques régulières, des fiches de culture pratiques expliquées pas à pas…. « Le côté accessible nous tient particulièrement à coeur », précisent-elles.

La maquette du magazine est très travaillée, riche en illustrations

La maquette du magazine est très travaillée, riche en illustrations

Aude Ferbos

La particularité de Veir tient aussi à la qualité de ses illustrations et de sa maquette : photos, dessins, ou aquarelles botaniques sont très minutieusement sélectionnés, d’autant que les cofondatrices s’appuient sur des collaborateurs de talents. Graphisme et site Internet sont également sous traités à des professionnels tandis que l’impression est confiée à l’Imprimerie rochelaise.

« Un beau magazine indépendant sur le jardinage, cela n’existait pas quand nous nous sommes lancées »

« Un beau magazine indépendant sur le jardinage, cela n’existait pas quand nous nous sommes lancées »

Aude Ferbos

La fabrication a été confiée à l’Imprimerie rochelaise

La fabrication a été confiée à l’Imprimerie rochelaise

Aude Ferbos

Veir à la sortie des plaques

Veir à la sortie des plaques

Aude Ferbos

Réimpressions

À la sortie du numéro un, édité à 1300 exemplaires, les filles retiennent leur respiration. Résultat, il doit être réimprimé deux fois ! Aujourd’hui, le trimestriel est calibré sur 3000 exemplaires, compte 1200 abonnés, et 117 pages. Pas moins de 95 % des ventes se font sur internet. Et si l’équipe est basée dans la région, Veir a une vocation nationale et a même aussi des lecteurs dans d’autres pays francophones. « Avec la limite du climat, qu’on essaie d’adapter dans nos conseils », expliquent-elles.

Verdict de l’expert-comptable en septembre au bout de sept numéros : les résultats sont suffisamment positifs pour que les deux rédactrices puissent se verser leur premier salaire ! En plus du recrutement de Johanna, l’alternante dédiée à la communication. Entre-temps, elles ont aussi lancé une version podcast gratuite, « la voix veirte » « pour faire connaître le magazine » et « donner une autre couleur ». Produits dérivés autour de la nature pour les fêtes comme les aquarelles botaniques ou les puzzles, ou hors séries thématiques, les idées de développement ne manquent pas.

Observer, agir, planter !

Chaque numéro est thématisé et sous titré par un verbe : il donne le ton

Chaque numéro est thématisé et sous titré par un verbe : il donne le ton

Voir

Mais avant, Laetitia part en congés maternité. « Le projet inclut une certaine qualité de vie » sourient les deux rédac chef qui continuent aussi à cultiver leur jardin secret : le jardinage pour l’une ; les balades botaniques et la cueillette pour l’autre, sans parler des sorties d’école, et des activités des enfants. « Il faut qu’on garde cette liberté, ne serait-ce que pour l’inspiration » appuie Laetitia.

Les espaces de liberté : nécessaires pour l’inspiration et la créativité

Les espaces de liberté : nécessaires pour l’inspiration et la créativité

XAVIER LEOTY

À ses heures pas du tout perdues, elle fait pousser des légumes et des plantes, teste, bouture, observe, rempote… À suivre dans les prochains numéros, tous sous-titrés par un verbe : créer, imaginer, partager, débuter, explorer, agir…. Cela donne envie de : lire, planter, laisser pousser !